Quel est l’enjeu?

L’alcool et la marijuana sont les substances psychoactives les plus fréquemment consommées par les personnes atteintes d’un trouble psychotique et de schizophrénie. De 70% à 90% des personnes atteintes de schizophrénie sont dépendantes à la nicotine.2

Puisque les problèmes de consommation d’alcool et de drogues sont fréquents chez les personnes qui souffrent de troubles psychotiques comme la schizophrénie, les familles doivent porter une attention particulière aux signes avant-coureurs des problèmes de consommation. Si ces signes ne sont pas remarqués ou ne sont pas tenus en compte, les conséquences peuvent être graves et comprendre une rechute et l’hospitalisation, des difficultés dans les relations familiales, la perte d’un emploi ou le droit à certains avantages, des difficultés financières ou une incarcération.

Même si ces troubles concomitants sont très fréquents, plusieurs personnes atteintes de schizophrénie qui consomment de l’alcool ou des drogues échappent au système de soins de santé. Il arrive qu’une personne souffrant d’un problème de toxicomanie ou d’alcoolisme qui sollicite des services en santé mentale se voit refuser un traitement et qu’on lui dise de ne revenir qu’une fois son problème d’alcoolisme ou de toxicomanie réglé. Il arrive également que des professionnels en toxicomanie disent à une personne atteinte d’un trouble mental qui demande de l’aide pour régler un problème de consommation qu’elle ne pourra pas se rétablir tant que son trouble mental ne sera pas traité3. Ainsi, les personnes atteintes de troubles concomitants de schizophrénie et d’alcoolisme ou de toxicomanie sont ballottées entre les services de santé mentale et les services d’aide aux toxicomanes et se butent parfois au refus des deux systèmes à leur offrir un traitement.

Chez les professionnels et les organismes de soins de santé, on constate de plus en plus l’ampleur du problème engendré par les troubles concomitants. Les services offerts dans ce domaine sont en expansion.

Dans le contexte des troubles concomitants de schizophrénie et de consommation d’alcool ou de drogues, il est utile d’examiner les répercussions de la consommation sur la capacité d’une personne à fonctionner et sur sa qualité de vie, plutôt que de tenter de définir son type de consommation (abus, usage à mauvais escient, dépendance ou toxicomanie).
Ces répercussions sont présentées en détails dans la section C.



b) Pourquoi les personnes atteintes de schizophrénie consomment-elles de l’alcool ou de la drogue?

Pour les mêmes raisons que les autres.

Les recherches ont démontré que les personnes atteintes de schizophrénie et d’autres maladies mentales consomment souvent de la drogue et de l’alcool pour les mêmes raisons que quiconquese sentir mieux ou différent, relaxer, avoir du plaisir et faire partie d’un groupe. Parmi les autres raisons invoquées pour consommer de l’alcool ou de la drogue, on retrouve la curiosité ou le besoin d’expérimentation, le soulagement du stress, une façon de combattre l’ennui, l’isolement, la gêne et le besoin d’appartenance.

Ces sources de motivation peuvent être encore plus importantes pour une personne atteinte de schizophrénie puisqu’elle se voit offrir moins d’occasions professionnelles, récréatives et sociales et qu’elle souffre de la détresse et de l’impuissance qui accompagnent la maladie mentale.4 Certains croient que les personnes qui souffrent de schizophrénie consomment des substances psychoactives pour composer avec les symptômes de la maladie mentale.

Explications propres aux personnes atteintes de schizophrénie

Plusieurs facteurs expliquent pour quelles raisons le taux de consommation de substances psychoactives est plus élevé chez les personnes atteintes de schizophrénie que dans la population générale.  

La théorie de la dépendance primaire s’appuie sur des recherches qui indiquent que la schizophrénie et les problèmes de consommation pourraient avoir une même origine. Par exemple, une personne pourrait avoir une prédisposition génétique à la schizophrénie et à la consommation de substances psychoactives, ou encore ces deux problèmes pourraient se manifester en réaction à des facteurs de stress présents dans le milieu.5 Une autre théorie suppose que ces deux maladies se développeraient de manière indépendante puis influeraient directement ou indirectement l’une sur l’autre.

Les personnes atteintes de schizophrénie peuvent consommer des substances psychoactives afin de « s’automédicamenter » et, ce faisant, gérer
les symptômes de leur maladie, comme l’anxiété et la dépression, ou les effets secondaires des médicaments.67

Facteurs de risque

Il existe des facteurs de risque qui rendent certaines personnes plus vulnérables aux problèmes de consommation, de santé mentale ou aux deuxla pauvreté ou un revenu instable, des difficultés à l’école, le chômage ou des problèmes au travail, l’isolement, le fait de ne pas avoir un logement décent, des problèmes familiaux, les antécédents familiaux, l’expérience d’un traumatisme ou de mauvais traitements, la discrimination et certains facteurs biologiques ou génétiques.8

Des personnes atteintes de troubles concomitants ont décrit leur propre expérience de consommation d’alcool et de drogues et le chemin qui les a mené vers la guérison. De manière générale, les gens ne parlent pas de leur consommation de drogues comme d’un moyen pour « traiter » leur maladie mentale. Ils expliquent plutôt comment ils ont tenté de surmonter le stress associé à la maladie mentale, à l’impuissance de leur rôle de « patient », à la victimisation, aux possibilités limitées qui s’offrent à eux et au désespoir.9

Intervention précoce dans les cas de psychose et de consommation d’alcool ou de drogues

Il a été prouvé que les programmes d’intervention précoce permettent de réduire à la fois la consommation problématique d’alcool ou de drogues et les symptômes psychotiques. Pour une personne qui vit un premier épisode de psychose, les services d’intervention précoce peuvent aider à détecter et à réduire la consommation d’alcool ou de drogues avant que le trouble ne s’aggrave.10




c) Quels sont les effets de la consommation d’alcool ou de drogues sur une personne atteinte d’une maladie psychotique?

La consommation excessive de drogues illicites ou d’alcool nuit à la santé physique et mentale de tous. Cependant, les risques associés à la consommation de drogues sont encore plus grands pour les personnes qui ont déjà été en état de psychose.11

Cela est plus simple à comprendre quand on sait que la schizophrénie et la consommation d’alcool ou de drogues interagissent, aggravant ainsi ces deux maladies. Ainsi, la combinaison de ces maladies peut avoir des effets graves et négatifs sur plusieurs aspects de la vie des gens, dont le travail, les relations interpersonnelles, la santé et la sécurité.12

Les preuves qui appuient la thèse voulant que la schizophrénie ou tout autre trouble psychotique puissent rendre les personnes «» aux effets produits par l’alcool et la drogue s’accumulent. Cela signifie que ces dernières ont davantage de conséquences négatives, et ce, même en ne consommant que de faibles quantités d’alcool et de drogues.  

Inversement, la consommation d’alcool et de drogues influe sur le cours de la maladie et le traitement des personnes atteintes de schizophrénie, et ce, même si elles ne consomment que de petites quantités. Les personnes aux prises avec une grave maladie du cerveau, comme la schizophrénie ou d’autres maladies psychotiques, et qui consomment des drogues illicites ou abusent de l’alcool, sont plus sujettes aux rechutes, courent plus de risques d’être hospitalisées et ont moins de chances de bien réagir au traitement.  

’alcool ou de drogues peut réduire l’efficacité du traitement employé contre la schizophrénie de plusieurs façons. Elle peut nuire à l’efficacité des médicaments utilisés pour traiter la psychose et peut inciter les personnes à cesser de prendre leurs médicaments. La consommation réduit également les chances que les personnes suivent les recommandations de leurs fournisseurs de services quant à la gestion de leur maladie.

Les répercussions de la consommation d’alcool ou de drogues13

Sur la personne

  • risque accru d’aggraver les symptômes de la maladie mentale par le déclenchement d’un épisode maniaque ou psychotique;
  • risque accru de suicide;
  • risque accru de pauvreté et d’itinérance;
  • risque accru d’activités illégales et d’incarcération;
  • risque accru de comportements violents et de violence conjugale;
  • risque accru de victimisation;
  • risque accru de chômage et d’instabilité;
  • perte des mesures de soutien;
  • niveau de stress accru;
  • sentiments de honte et de culpabilité;
  • plus de problèmes de santé physique (risque accru de contracter des maladies comme l’hépatite ou le VIH/SIDA en partageant des seringues ou en ayant des relations sexuelles non protégées).
  Sur les membres de sa famille

  • augmentation des conflits et de la tension au sein des familles découlant de l’alcoolisme ou de la toxicomanie; niveau accru de confusion, de mauvaise communication et de méfiance; les tentatives de soutien de la famille peuvent ainsi échouer;
  • niveau de stress accru;
  • sentiments de honte, de culpabilité, et de blâme;
  • sentiments de colère ou de frustration;
  • sentiment d’être déprimé ou désespéré;
  • risque accru d’être victime d’agression.




d)  Quelques idées fausses sur les troubles concomitants de schizophrénie et de consommation d’alcool ou de drogues.

Lorsqu’une personne souffre d’une maladie mentale et consomme de l’alcool ou de la drogue, sa situation risque d’être mal interprétée. Elle risque donc de ne pas recevoir l’aide dont elle a besoin en temps opportun. La personne qui a des problèmes de consommation de drogues ou d’alcool, ses amis ou un membre de sa famille peuvent confondre les premiers symptômes de la maladie mentale comme «réactions provoquées par la drogue», c’est-à-dire comme une réaction qui disparaîtra quand la consommation de drogues cessera.

Certaines familles peuvent négliger de dévoiler le problème de consommation de drogues ou d’alcool de leur proche aux professionnels des soins de santé parce qu’ils croient qu’elle n’est qu’un symptôme qui disparaîtra lorsqu’il sera traité pour sa maladie mentale. D’autres perçoivent la consommation d’alcool ou de drogues comme la meilleure «édétente» que peut avoir une personne qui souffre d’une maladie mentale grave.14

Quelle est la réalité?

En fait, la consommation de substances psychoactives est tout aussi nuisible, sinon plus, pour les personnes qui ont une maladie mentale que pour les autres. Les personnes qui souffrent de troubles concomitants peuvent tomber dans un cercle vicieux qui comprend de multiples problèmes résultants de la pauvreté, d’un manque de systèmes de soutien, de l’isolement, de la maladie physique, de difficultés liées au logement, des relations familiales et interpersonnelles difficiles et des expériences négatives avec des traitements précédents.

En plus d’avoir à composer avec les changements de comportements inquiétants qu’entraîne une maladie psychotique, une personne qui, de surcroît, consomme de l’alcool ou de la drogue, est susceptible de voir ses symptômes psychiatriques s’aggraver (cliquez ici pour voir la liste des symptômes de schizophrénie de la page 6). La consommation d’alcool ou de drogues peut également rendre le comportement des gens plus difficile.

Les signes qui indiquent que la consommation d’alcool ou de drogues d’un membre de votre famille pose problème :

Vous pouvez remarquer que votre proche

  • consacre plus de temps à se procurer et à consommer de l’alcool ou de la drogue, et moins de temps à s’adonner à ses activités habituelles;
  • éprouve de plus grandes difficultés financières
    • le coût lié à la consommation peut prendre de l’ampleur;
    • dans certains cas, la consommation peut mener à la perte d’un emploi, ce qui entraîne d’autres problèmes financiers.
  • est plus agité, hostile ou agressif;
  • traverse des épisodes psychotiques plus fréquents et plus intenses;
  • cesse de prendre les médicaments prescrits par son médecin;
  • manque des rendez-vous;
  • est expulsé de l’école;
  • perd son emploi;
  • éprouve de la difficulté à obtenir ou à conserver un logement adéquat
    • certains logements supervisés interdisent la consommation d’alcool ou de drogues et évincent les locataires qui consomment de l’alcool ou de la drogue.
Il peut s’avérer difficile de déterminer si votre proche souffre d’une psychose ou d’une réaction temporaire à la consommation de drogues. Les familles préfèrent souvent interpréter les changements de comportements de leur proche comme un problème temporaire lié à la consommation de drogues plutôt qu’un signe que des problèmes de santé mentale graves soient en train de se développer.

’il est difficile d’établir une distinction entre une psychose toxique (causée par la consommation de drogues) et un premier épisode psychotique, il vaut toujours mieux consulter un professionnel.




e) Quel problème a fait son apparition en premierla schizophrénie ou la consommation d’alcool ou de drogues?

Les gens se posent souvent la question suivante : « Quel problème a fait son apparition en premierle : le problème de santé mentale ou celui de consommation? ». Il est difficile d’y répondre. Il est plus utile de les percevoir comme des problèmes indépendants qui agissent l’un sur l’autre.15

Bien que la plupart des chercheurs ne croient pas que la consommation d’alcool ou de drogues soit la cause de la schizophrénie, plusieurs personnes atteintes de schizophrénie sont également alcooliques ou toxicomanes et peuvent avoir des réactions particulièrement mauvaises lorsqu’elles consomment certaines drogues.

Certains stimulants, dont les amphétamines et la cocaïne, peuvent induire une psychose. La psychose causée par la drogue peut durer jusqu’à quelques jours et se caractérise souvent par des hallucinations, du délire, une perte de mémoire et de la confusion. Elle découle généralement d’une consommation importante de drogues illicites pendant une longue période de temps et le traitement contre celle-ci est efficace.

La drogue peut également induire la psychose. Chez les personnes à risque de tomber en état de psychose, certaines drogues, comme la marijuana, peuvent stimuler ce processus. Ces drogues dévoilent la vulnérabilité d’une personne et peuvent déclencher une psychose.

Par ailleurs, la consommation problématique d’alcool ou de drogues peut se produire après l’arrivée d’une maladie psychotique. Elle pourrait être interprétée comme une tentative visant à composer avec certains symptômes psychotiques.

Il est important de comprendre que lorsqu’une personne a une prédisposition biologique à la psychose, les effets de la consommation d’alcool ou de drogues sur elle peuvent s’avérer plus graves que chez une personne qui n’a pas cette vulnérabilité.



f) Renseignements sur des substances psychoactives spécifiques

Les personnes atteintes de schizophrénie et d’autres troubles psychotiques ont tendance à consommer des substances psychoactives abordables et faciles d’accès. Les substances les plus consommées par les personnes atteintes de schizophrénie et de troubles psychotiques sont l’alcool, la marijuana et la cocaïne.16 Les médicaments d’ordonnance, comme les tranquillisants et les somnifères, peuvent également être utilisés à mauvais escient.

Les gens consomment parfois plusieurs substances. Les types de substances consommées par les personnes atteintes de schizophrénie peuvent varier en fonction de leur âge. Les personnes plus âgées consomment davantage d’alcool et de médicaments sans ordonnance que de drogues illicites.

Nicotine et schizophrénie

La substance la plus consommée par les personnes atteintes de schizophrénie est la nicotine. Le taux de dépendance à la nicotine des personnes atteintes de schizophrénie est trois fois supérieur à celui de la population en général (75 % à 90 % contre 25% à 30 %). De plus, les personnes atteintes de schizophrénie
qui fument ont tendance à fumer davantage que les fumeurs de la population en général. Habituellement, la plupart des patients commencent à fumer pendant l’adolescence avant que la maladie ne se soit clairement manifestée.

Le lien qui existe entre le tabagisme et la schizophrénie est complexe. Les personnes atteintes de schizophrénie semblent être poussées à fumer. Les chercheurs étudient actuellement la piste biologique pour expliquer ce besoin.
La recherche semble indiquer de plus en plus que les personnes atteintes d’une maladie du cerveau, dont la schizophrénie, fument davantage parce que la nicotine leur procure certains avantages en atténuant certaines de leurs difficultés cognitives (pensées, émotions ou mémoire) associées à la maladie.17

En plus des dangers reconnus de la cigarette sur la santé, plusieurs études ont révélé qu’elle réduit les effets des médicaments antipsychotiques. Par conséquent, les personnes atteintes de schizophrénie qui fument peuvent avoir besoin d’une dose plus forte de médicaments.

Il serait particulièrement difficile pour les personnes atteintes de schizophrénie de cesser de fumer étant donné que le sevrage peut aggraver temporairement les symptômes psychotiques. Par conséquent, les stratégies pour cesser de fumer qui font appel à des thérapies de remplacement de la nicotine pourraient fonctionner mieux que les autres.19 Bien que plusieurs prennent pour acquis qu’il est presque
impossible pour une personne atteinte de schizophrénie d’arrêter de fumer, différents programmes et approches se sont avérés efficaces. Le site Internet suivant présente un exemple : http://www.sane.org/information/research/the_smokefree_project.html (en anglais uniquement).

Drogues et alcool

On croit souvent que les « drogues dures » représentent un problème plus important que la marijuana et l’alcool. Il est vrai que les narcotiques, comme l’héroïne, et que les stimulants, comme la cocaïne, le crack et l’ecstasy, constituent de graves problèmes et qu’ils peuvent être dangereux pour quiconque, particulièrement pour une personne atteinte d’une maladie psychotique. Les hallucinogènes, comme les champignons magiques et le LSD, sont tout aussi dangereux et peuvent imiter les symptômes de psychose chez les personnes qui ne sont pas vulnérables à la psychose.

La marijuana et l’alcool, qui sont plus facilement accessibles que les «dures», ne devraient pas être considérés comme inoffensifs. Au contraire, de récents travaux de recherche démontrent que la consommation de marijuana peut causer de graves problèmes chez les personnes qui sont vulnérables à la psychose et occasionner plus rapidement des rechutes psychotiques chez les jeunes qui se rétablissent d’un premier épisode de psychose.

L’alcool est également une source de problèmes. Il peut multiplier les effets sédatifs des médicaments antipsychotiques et accroître la dépression. Cela constitue un problème majeur pour les personnes qui en sont aux premiers stades de la schizophrénie. L’alcool peut également nuire au respect du traitement et à l’utilisation des mesures de soutien mises en place pour gérer la schizophrénie.

Lorsqu’ils consomment, la plupart des gens connaissent une détérioration de leurs symptômes de schizophrénie.

Pour plus de renseignements sur la vulnérabilité génétique et environnementale associée au développement de la psychose, veuillez consulter le site Web de Psychosis Sucks à l’adresse : http://www.psychosissucks.ca/epi/whatcausespsychosis.cfm# (en anglais uniquement)




g) Quelles sont les répercussions sur la famille et les amis?

Lorsqu’une personne est atteinte de schizophrénie et consomme de l’alcool ou de la drogue, tous les membres de sa famille en sont affectés et leur vie change souvent du tout au tout.

Les membres des familles ressentent souvent :
  • un choc et de la peur;
  • un stress insurmontable;
  • du chagrin et de la colère;
  • un sentiment de perte et de tristesse.

    Il est normal pour les familles de vivre une foule de réactions, de difficultés et d’émotions. La réaction de chaque personne sera différente et dépendra non seulement de sa relation avec la personne malade, mais également de sa personnalité de ses aptitudes d’adaptation.

    Des sentiments de perte et de chagrin peuvent être vécus par la personne touchée par la maladie et les gens qui l’entourent.

    La stigmatisation et la honte qui sont malheureusement liées à la maladie mentale et à la consommation d’alcool ou de drogues peuvent isoler la famille de sa collectivité et de son réseau de soutien social.      

    Lorsqu’un membre de la famille est atteint de schizophrénie et éprouve des problèmes de consommation, cela peut exercer une pression énorme sur la famille, et ce, autant sur le plan financier qu’affectif. La pression financière peut provenir des coûts directs, comme les services de traitement spécialisé, et des coûts indirects, comme le fait de devoir quitter un emploi pour s’occuper de la personne malade.1

    La section suivante intitulée Que puis-je faire pour aider?, se penche sur certaines mesures que vous pouvez prendre pour aider votre proche. Dans la section intitulée De quoi ai-je besoin en tant que fournisseur de soins?, vous trouverez des idées, des informations et des outils pour vous aider à prendre soin de vous.



    h) La guérison est-elle possible?

    Guérir de la schizophrénie et d’autres troubles psychotiques est plus difficile pour les personnes qui ont des problèmes de consommation. De plus, les problèmes auxquels ces dernières sont confrontées peuvent s’avérer plus complexes et troublants que pour les personnes qui ne sont atteintes que d’une maladie mentale ou de problèmes de consommation.19

    Toutefois, la guérison est possible! Des recherches récentes démontrent que, grâce à l’accessibilité au traitement intégré, aux services psychologiques, aux mesures de soutien et aux services communautaires, la plupart des personnes atteintes de schizophrénie qui ont un problème de toxicomanie ou d’alcoolisme peuvent guérir avec le temps et y arrivent.

    Les personnes empruntent différentes voies vers la guérison. Pour cette raison, les mesures de soutien nécessaires diffèrent d’une personne à l’autre. La plupart des bénéficiaires disent que la guérison sous-tend également l’atteinte des buts qu’ils se sont fixés dans la vie. Il faut offrir aux gens un éventail de services, dont des groupes d’entraide, l’accessibilité au traitement intégré contre les problèmes de santé mentale et la consommation d’alcool ou de drogues et des mesures de soutien au logement et à la formation professionnelle, afin de favoriser la guérison.20

    Les membres de la famille et les amis doivent savoir que la guérison peut être un long parcours jonché de hauts et de bas. Les familles ont leur propre chemin à parcourir vers la guérison, car elles doivent composer avec le «» et les pertes qu’elles subissent. Les familles peuvent aider en s’engageant dans leur propre processus de guérison tout en étant le plus aidant, compréhensif et patient que possible pendant que leur proche essaie de guérir. Les personnes en processus de guérison disent à quel point il est important pour elles d’être entourées de personnes qui croient en elles et qui gardent espoir.

    Dans la prochaine section, nous présentons des suggestions et des exemples de moyens utilisés par les familles pour favoriser la guérison.



    Note en bas de page

    1 Best Practices Report on Concurrent Mental Health and Substance Use Disorders Centre for Addiction and Mental Health, 2001
    2 National Institute of Mental Health, 2006
    3 BC Partners for Mental Health and Addictions Information. Concurrent Disorders: Addictions and Mental Disorders. 2006 www.heretohelp.bc.ca
    4 Arber 1998; Forchuk et al. 1997.
    5 Kessler et al. 1997; Lohr & Flynn 1992; Siegfried 1998
    6 Mental Illness Fellowship of Australia. Mental Illness fact Sheet Series. Understanding Dual Diagnosis: mental illness and substance use
    7 Kessler et al. 1997; Forchuk et al. 1997; Siegfried 1998
    8 http://www.heretohelp.bc.ca/publications/factsheets/concurrent.shtml
    9 Drake, R. and Wallach, M. Psychiatric Services. Vol. 51. No. 9. Sept. 2000
    10 http://schizophreniabulletin.oxfordjournals.org/cgi/content/abstract/sbm011v1
    11 http://www.psychosissucks.ca/epi/index.cfm?action=substanceuse
    12 Mental Illness Fellowship of Australia: Understanding dual diagnosis: Mental Illness and substance use
    13 Extrait de la session 8 de L’entraide : la force des familles, Société canadienne de schizophrénie, 2004.
    14 BC Partners for Mental Health and Addictions Information, Concurrent Disorders: Addictions and Mental Disorders, 2006, www.heretohelp.bc.ca.
    15 Les troubles concomitants de toxicomanie et de santé mentale : Guide d’information, CTSM, 2004.
    16 Green, A. & Sherwood Brown, E. Comorbid Schizophrenia and Substance Abuse. J Clin Psychiatry (67(9) 2006
    17 http://www.schizophrenia.com/smokereport.htm
    18 Sarah Hamid-Balma. For Better or Worse: The impact of a child's mental disorder on the family. A review of the Literature. In Visions: B.C's Mental Health and Addictions Journal. Vol. 2. No. 3
    19 Mental Illness Fellowship of Australia. Mental Illness fact Sheet Series. Understanding Dual Diagnosis: mental illness and substance use.
    20 Drake, R. Ten-year recovery outcomes for clients with co-occurring Schizophrenia and Substance Use Disorders. Schizophrenia Bulletin, July 2006